Enquêtes

Les sujetion liées à la permanence des soins sont t'elles sources d'inspiration pour de nouvelles organisations?

Dans la foulée de la circulaire du 22 décembre 2014 qui ouvre aux urgentistes, et aux spécialités à sujétions comparables, la possibilité de contractualiser du temps non clinique non posté et un décompte spécifique du temps de travail, les deux intersyndicales Avenir Hospitalier et la CPH ont lancé une enquête afin de préparer les discussions à venir au ministère, et répondre à la question : quelles sont les spécialités à sujétion comparable à celle des urgentistes, et les aspirations de ces spécialités sont-elles spécifiques comparées aux autres spécialités à sujétion moins forte ?
 
Les questions posées étaient les suivantes : 
 
  1. Pensez vous que votre spécialité est à forte sujétion (contrainte), et doit à ce titre incluse dans les discussions à venir ?
  2. Estimez-vous que vous travaillez actuellement en travail posté ?
  3. Si oui, est-il nécessaire d’identifier au sein de votre activité un forfait de temps consacré au travail non clinique non posté ?
  4. Seriez-vous favorable à déclarer vous-même le nombre d’heures de travail que vous avez effectuées (afin de rester sous le seuil de 48h) sous la forme d’un décompte global rétrospectif, tout en restant au sein d’un décompte en demi-journées ?
  5. Préféreriez-vous une organisation stricte du temps de travail décompté en heures, avec des horaires précis de début et de fin de travail ?
  6. Pensez-vous que vous auriez un avantage à contractualiser le temps non clinique ou non posté, mais en restant dans l'organisation en demi-journées sans faire référence à un décompte horaire ?
  7. Ou plutôt considérez-vous qu'il ne faut rien changer ?
  8. Pensez vous qu’introduire les notions de décompte horaire ou celle de temps non clinique et non posté pourrait servir à attirer les jeunes praticiens vers une carrière hospitalière ?
 
 A l’issue du délai de deux semaines, nous avons enregistré 1686 réponses complètes provenant de toutes les spécialités médicales et pharmaceutiques :
 
- 26,6% sont anesthésistes réanimateurs ou réanimateurs médicaux ;
- 12,2% chirurgiens et gynéco-obstétriciens (respectivement 7,6% et 4,6%) ;
- 8,13% psychiatres ;
- 6,75 % pédiatres et néonatologues ;
- 20% sont des médecins non interventionnels dont 4,8% gériatres ;
- 5% sont des médecins « interventionnels » (cardiologues et gastro-entérologues) ;
- 5% sont biologistes ou pharmaciens ;
- 4,15% sont urgentistes ;
- 2,8% sont radiologues.
 
Il faut noter une forte déclaration des AR et réanimateurs médicaux, qui représentent 10% des PH mais 26% des déclarants, traduisant leur forte sensibilisation à la problématique (sujétion du travail de nuit).
 
Les résultats sont à consulter dans le tableau ci-dessous. Nous avons individualisé les spécialités réputées structurellement à forte permanence des soins : anesthésie réanimation et réanimation médicale ; radiologie ; pédiatrie et néonatologie ; chirurgies à permanence des soins (obstétrique chirurgie digestive et générale et orthopédie) et médecine interventionnelle (cardiologie et gastro-entérologie).
 
 
cliquez sur le tableau pour agrandir
 
De nouveau, toutes les spécialités expriment le souci de la pénibilité de leur exercice.
Les résultats globaux confirment que pour l’ensemble des spécialités la pénibilité est un sujet central, puisque 75% estiment que leur spécialité est à forte sujétion, et devrait être incluse dans les discussions à venir. 
 
- 28% estiment travailler entièrement en travail posté et 30% en partie.
- 82% estiment nécessaire d’identifier au sein de leur travail un forfait de temps à consacrer au temps non clinique non posté.
- 55% seraient favorables à  une auto déclaration du nombre d’heures effectuées, sous forme d’un décompte global rétrospectif, au sein du décompte en demi-journées.
- 52% sont opposés au décompte horaire  avec heures de début et de fin. 
- 68% estiment nécessaire de changer la réglementation concernant le temps de travail.
- 56% pensent qu’introduire des notions de décompte horaire et de temps non clinique pourrait attirer les jeunes vers une carrière hospitalière.  
 
Une aspiration globale au changement, et un fort consensus pour identifier du temps non clinique.
 
Une analyse par spécialité  fait émerger deux profils distincts de répondants, qui va nous aider pour les discussions au ministère : en effet, les spécialités exerçant fortement en permanence des soins (plus de 3 gardes sur place (anesthésie-réanimation, pédiatrie) et/ou plus de 6 astreintes par mois (radiologues, chirurgiens, médecins interventionnels) :
  • Estiment subir les mêmes sujétions que les urgentistes (74 à 98%) ;
  • Estiment travailler de manière postée soit totalement, soit en partie, de manière significativement plus importante que les autres.
  • Sont plus nombreux à estimer avoir besoin de temps non clinique.
  • Sont plus nombreux que les autres à envisager un décompte horaire strict, sans toutefois que ce soit un désir majoritaire (en dehors de l’anesthésie réanimation à 55%).
  • Les urgentistes ont faiblement répondu à cette enquête principalement parce qu’ils sont déjà en décompte horaire.
  • A noter que les biologistes et pharmaciens, qui ne se considèrent majoritairement pas comme des spécialités à forte sujétion sont pourtant les plus partisans du décompte horaire strict après les anesthésistes-réanimateurs.
  • Estiment qu’introduire du temps non clinique et un meilleur décompte du temps de travail permettrait d’attirer les jeunes vers une carrière hospitalière.
 
Donc les spécialités à plus forte sujétion plébiscitent le temps non clinique sans toutefois réclamer le décompte horaire. 
 
  • Il faut noter que, quelle que soit la spécialité et le niveau de sujétion, une majorité est d’accord pour une auto déclaration rétrospective de son temps de travail, tout en maintenant l’organisation en demi-journées.
  • Et que toutes les spécialités, si elles désirent un forfait de temps non clinique (75 à 80%) ne sont pas enclines à le contractualiser : ce qu’on pourrait interpréter comme un besoin d’autonomie fort !
 
Plusieurs spécialités telles que l’anesthésie réanimation, la radiologie, la pédiatrie, les chirurgies (gynéco-obstétrique, digestif, orthopédie), et les médecines interventionnelles (cardiologie et gastro entérologie) se sentent en sujétion comparable avec les urgentistes, déclarent exercer prioritairement en travail posté, et à ce titre estiment plus  que les autres spécialités avoir besoin de temps non clinique, d’une auto déclaration rétrospective en heures du temps travaillé, mais au sein des demi journées, sans pour autant plébisciter l’organisation du travail en décompte horaire strict.
 
Mais d’autres spécialités décrivent pénibilité et sujétion importantes, et veulent aussi du temps non clinique ou un décompte plus précis de leur temps de travail, mais pas avec la même acuité.
 
Point important : toutes les spécialités veulent que ça change.  Même si le désir de changement est plus important parmi les spécialités à sujétion forte, le chiffre global de 68% de désir de changement incite à la révision des modalités actuelles. Nous attendons donc de pied ferme les propositions de la mission attractivité des carrières médicales de Jacky Le Menn, et les choix stratégiques de la Ministre.
 
Voilà des messages que nous allons pouvoir porter aux instances, argumentées grâce à votre mobilisation à répondre à cette enquête.
 
J. Trévidic, Président CPH & N. Smolski, Présidente AH
 

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

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     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

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Les dernières actus

Les parlementaires veulent dissuader les médecins de faire carrière à l’hôpital

 
Les sénateurs ont introduit dans le projet de loi de santé un article, validé en Commission mixte paritaire Assemblée nationale / Sénat, qui impose aux praticiens hospitaliers démissionnaires et aux praticiens hospitaliers à temps partiel une clause leur interdisant d’exercer en secteur libéral s’ils rentrent en concurrence avec leur hôpital, avec des critères larges (rayon maximal de 10 km) dont l’appréciation relève du directeur de l’établissement. Les sanctions financières qui sont prévues en cas de non-respect de cette clause sont dissuasives.
 
Cette mesure est catastrophique pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, déjà largement mise à mal depuis de nombreuses années en raison de l’insuffisance des rémunérations et des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer. Quel jeune praticien acceptera de s’engager dans le service public si cela conduit à lui mettre des chaînes et ne plus pouvoir repartir dans le secteur privé à moins de déménager ? Il est incroyable que le caractère dissuasif d’une telle mesure n’ait pas été perçu par les parlementaires et le gouvernement. Pire encore, cette mesure touche également les praticiens hospitaliers à temps partiel alors que jusqu’à présent, aucune disposition en ce sens n’a jamais existé. Tout cela conduira certainement à une vague de départ anticipé avant que les décrets d’application ne soient publiés.
 
Comment de telles dispositions ont pu être introduites dans ce projet de loi alors que le Président de la République et tous nos interlocuteurs au Ministère des solidarités et de la santé n’ont cessé de prôner l’exercice mixte public – privé ? Cette clause de non-concurrence, laissée à l’appréciation du directeur de l’établissement, rend l’exercice mixte particulièrement risqué voire impossible. Elle ne défend en rien l’hôpital public mais va décourager les praticiens de venir y travailler. Ils préféreront s’installer d’emblée dans le privé ou faire de l’intérim pour éviter de ne plus pouvoir exercer en libéral s’ils prennent un poste de praticien hospitalier titulaire ou contractuel.
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins appellent les députés et le gouvernement à revenir à la raison en supprimant cet article délétère lors de la lecture du texte de la Commission mixte paritaire à l’Assemblée Nationale le 10 juillet prochain.
 

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins remportent les élections professionnelles médicales hospitalières !

 
 
Les élections professionnelles qui se sont déroulées du 25 juin au 2 juillet 2019 pour les médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers ont permis à APH & JM de devenir la première force syndicale représentative chez les Praticiens Hospitaliers titulaires ainsi que chez les Praticiens non titulaires. De plus APH & JM font une entrée remarquée chez les Hospitalo-Universitaires en obtenant plus de 30 % des voix et un siège, qui sera occupée par la seule femme du collège HU du Conseil Supérieur des Professions Médicales, ceci pour leur première participation ! 
 
Nous remercions tous les collègues qui nous ont fait confiance en Métropole et Outre-Mer, et ont choisi les éléments forts de notre programme proposant un statut unique de Praticien Hospitalier avec quotité modulable, davantage de démocratie dans les nominations hospitalières, une remédicalisation de la gouvernance, et une meilleure représentation syndicale dans les Hôpitaux. Ces propositions phares sont issues des résultats de notre consultation via le site LeGrandDebatSante.fr, que nous avions promis de porter et que nous défendons depuis le début du cycle de négociations en cours avec le Ministère de la Santé et des Solidarités. 
 
Bien entendu, les négociations statutaires interrompues au prétexte de la période électorale en cours devront reprendre sans délai, pour parler des rémunérations, des conditions d’exercice, et notamment des garanties sur le respect du temps de travail de tous les praticiens hospitaliers.
 
La confiance que vous nous avez témoignée a été bien placée : nous vous le démontrerons encore plus fort, que ça soit au service du collectif, ou des situations individuelles de collègues en difficultés. APH & JM assumeront ces responsabilités avec fierté et détermination.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Marc Bétrémieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
 

CRISE DE L'HÔPITAL ? La vidéo de l'interview de F. Pierru, Docteur en sciences politiques

LIRE LA VIDÉO

Alors que plus de 140 services d’urgences sont en grève et que le mouvement déborde des urgences, APH-JM interroge le sociologue Frédéric Pierru sur les causes racines de l’implosion actuelle du service public hospitalier.

Le mouvement des urgences est le symptôme d’une crise plus générale.

On nous dit «vous êtes désorganisés ». Il répond «votre financement est insuffisant pour assurer vos missions » «le modèle de l’hôpital-entreprise a touché le fond ».
Une vidéo-choc pour arrêter la culpabilisation et réfléchir à un autre modèle, réflexion autour du livre « la casse du siècle »*.

 

LA CASSE DU SIÈCLE : EN SAVOIR PLUS

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