Lu pour vous

Horaires à rallonge, burn out, pression, violences - Des milliers de médecins hospitaliers livrent leurs témoignages « à vif »

"Le second volet de l’enquête des intersyndicats de praticiens hospitaliers sur la pénibilité au travail recense quelque 5 000 témoignages de médecins, invités à s’exprimer librement sur leurs conditions d’exercice. Une plongée inédite au cœur de l’hôpital.


Les intersyndicats de praticiens hospitaliers ont présenté en début de semaine à la direction générale de l’offre de soins (DGOS, ministère) une enquête sur la pénibilité du travail en milieu hospitalier.
Au-delà du volet pénibilité au sens strict du Code du travail (le « Quotidien » du 17 novembre), l’étude jette une lumière crue sur les difficiles conditions d’exercice et de travail. Appelés à témoigner librement, les 4 038 PH interrogés en octobre par leurs représentants syndicaux ont livré près de 5 000 contributions acérées (115 pages de verbatims qui sont le reflet du malaise hospitalier).
Impossible de « lâcher prise »
« Imprévisible », « sans limite », « extensible » à l’envie et « ne permettant pas de lâcher prise »… Le temps de travail des PH fait l’objet de critiques récurrentes et nourries. Certains médecins témoignent de semaines de 70 ou même 75 heures.
Les PH soulèvent la problématique de l’alternance entre le travail de jour et de nuit, des gardes et des astreintes sans possibilité de repos. « Les astreintes de sécurité deviennent des quasi-gardes sur place, sans repos de sécurité », témoigne ce médecin. La récupération physique est « quasi impossible » pour son confrère.
Le stress omniprésent
« Multitâches », « multisites », le PH subit un stress au quotidien. Ce terme (souvent écrit en lettres capitales) revient dans 817 témoignages, volontiers accompagnés de points d’exclamation et de l’adjectif « permanent ». Le stress est notamment associé à l’urgence vitale, à la chirurgie en général et l’obstétrique en particulier. En corollaire, les PH évoquent à 240 reprises la « pression » psychologique (liée par exemple à l’effort de « rentabilité » ou à l’« attente non raisonnable des patients »), administrative ou médico-légale. 32 médecins n’hésitent pas à parler de harcèlement « moral » et « administratif ». Et 19 PH ont tapé « burn out » sur leur clavier !
Contexte anxiogène
Beaucoup de PH jugent que le manque « chronique » d’effectifs et le glissement de tâches qui en résulte participent à la dégradation de leurs conditions de travail. « Je fais le travail d’aide soignant ou d’interne », déplore ce médecin. La pénurie d’anesthésistes et d’urgentistes est pointée du doigt à plusieurs reprises.
Les relations parfois conflictuelles avec des patients/consommateurs contribuent à créer un « contexte hostile ». 166 PH font état de violences, d’agressions physiques et verbales répétées ou quotidiennes de la part des patients et de leur famille. Les médecins travaillant aux urgences, en réanimation, en psychiatrie ou en milieu carcéral sont les plus diserts sur le sujet.
Les PH déclarent enfin souffrir de l’organisation complexe (parfois chaotique) de l’hôpital, spécialement au bloc et aux urgences. L’un regrette d’être « mis à l’écart de toute décision ». « L’organisation du travail est décidée par d’autres mais la responsabilité pénale est intacte pour les médecins », déplore un autre.
Cet état des lieux devrait nourrir la mission parlementaire (encore floue) sur l’attractivité des carrières hospitalières promise par Marisol Touraine aux PH le 9 octobre, veut croire le Dr Nicole Smolski, présidente d’Avenir Hospitalier.

 

Anne Bayle-Iniguez
Le Quotidien du Médecin  du 20/11/2014
"

 

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

----------------------------------------------------------------

Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

----------------------------------------------------------------

 
 

  

       

Pour lire le sommaire et les articles cliquez ici

Pour télécharger la revue, cliquez ici

----------------------------------------------------------------

     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

      retrouver ces annonces sur le site reseauprosante.fr

 

Les dernières actus

Les parlementaires veulent dissuader les médecins de faire carrière à l’hôpital

 
Les sénateurs ont introduit dans le projet de loi de santé un article, validé en Commission mixte paritaire Assemblée nationale / Sénat, qui impose aux praticiens hospitaliers démissionnaires et aux praticiens hospitaliers à temps partiel une clause leur interdisant d’exercer en secteur libéral s’ils rentrent en concurrence avec leur hôpital, avec des critères larges (rayon maximal de 10 km) dont l’appréciation relève du directeur de l’établissement. Les sanctions financières qui sont prévues en cas de non-respect de cette clause sont dissuasives.
 
Cette mesure est catastrophique pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, déjà largement mise à mal depuis de nombreuses années en raison de l’insuffisance des rémunérations et des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer. Quel jeune praticien acceptera de s’engager dans le service public si cela conduit à lui mettre des chaînes et ne plus pouvoir repartir dans le secteur privé à moins de déménager ? Il est incroyable que le caractère dissuasif d’une telle mesure n’ait pas été perçu par les parlementaires et le gouvernement. Pire encore, cette mesure touche également les praticiens hospitaliers à temps partiel alors que jusqu’à présent, aucune disposition en ce sens n’a jamais existé. Tout cela conduira certainement à une vague de départ anticipé avant que les décrets d’application ne soient publiés.
 
Comment de telles dispositions ont pu être introduites dans ce projet de loi alors que le Président de la République et tous nos interlocuteurs au Ministère des solidarités et de la santé n’ont cessé de prôner l’exercice mixte public – privé ? Cette clause de non-concurrence, laissée à l’appréciation du directeur de l’établissement, rend l’exercice mixte particulièrement risqué voire impossible. Elle ne défend en rien l’hôpital public mais va décourager les praticiens de venir y travailler. Ils préféreront s’installer d’emblée dans le privé ou faire de l’intérim pour éviter de ne plus pouvoir exercer en libéral s’ils prennent un poste de praticien hospitalier titulaire ou contractuel.
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins appellent les députés et le gouvernement à revenir à la raison en supprimant cet article délétère lors de la lecture du texte de la Commission mixte paritaire à l’Assemblée Nationale le 10 juillet prochain.
 

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins remportent les élections professionnelles médicales hospitalières !

 
 
Les élections professionnelles qui se sont déroulées du 25 juin au 2 juillet 2019 pour les médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers ont permis à APH & JM de devenir la première force syndicale représentative chez les Praticiens Hospitaliers titulaires ainsi que chez les Praticiens non titulaires. De plus APH & JM font une entrée remarquée chez les Hospitalo-Universitaires en obtenant plus de 30 % des voix et un siège, qui sera occupée par la seule femme du collège HU du Conseil Supérieur des Professions Médicales, ceci pour leur première participation ! 
 
Nous remercions tous les collègues qui nous ont fait confiance en Métropole et Outre-Mer, et ont choisi les éléments forts de notre programme proposant un statut unique de Praticien Hospitalier avec quotité modulable, davantage de démocratie dans les nominations hospitalières, une remédicalisation de la gouvernance, et une meilleure représentation syndicale dans les Hôpitaux. Ces propositions phares sont issues des résultats de notre consultation via le site LeGrandDebatSante.fr, que nous avions promis de porter et que nous défendons depuis le début du cycle de négociations en cours avec le Ministère de la Santé et des Solidarités. 
 
Bien entendu, les négociations statutaires interrompues au prétexte de la période électorale en cours devront reprendre sans délai, pour parler des rémunérations, des conditions d’exercice, et notamment des garanties sur le respect du temps de travail de tous les praticiens hospitaliers.
 
La confiance que vous nous avez témoignée a été bien placée : nous vous le démontrerons encore plus fort, que ça soit au service du collectif, ou des situations individuelles de collègues en difficultés. APH & JM assumeront ces responsabilités avec fierté et détermination.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Marc Bétrémieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
 

CRISE DE L'HÔPITAL ? La vidéo de l'interview de F. Pierru, Docteur en sciences politiques

LIRE LA VIDÉO

Alors que plus de 140 services d’urgences sont en grève et que le mouvement déborde des urgences, APH-JM interroge le sociologue Frédéric Pierru sur les causes racines de l’implosion actuelle du service public hospitalier.

Le mouvement des urgences est le symptôme d’une crise plus générale.

On nous dit «vous êtes désorganisés ». Il répond «votre financement est insuffisant pour assurer vos missions » «le modèle de l’hôpital-entreprise a touché le fond ».
Une vidéo-choc pour arrêter la culpabilisation et réfléchir à un autre modèle, réflexion autour du livre « la casse du siècle »*.

 

LA CASSE DU SIÈCLE : EN SAVOIR PLUS

© Avenir Hospitalier - VA Solutions 2012 - Tous droits réservés