Lu pour vous

L'idée d'une pénurie médicale hospitalière progresse

29/05/13 - 12h27 (article reproduit avec l'aimable autorisation de Hospimedia)

La médecine de ville n'est pas la seule à souffrir de la pénurie de médecins. L'hôpital aussi ! Le sujet arrive petit à petit sur le devant de la scène. C'est du moins ce qu'ont confirmé les intervenants d'une table ronde organisée par Hospimedia, dans le cadre du Salon de la Santé et de l'Autonomie ce 28 mai à Paris.

L'intersyndicat Avenir hospitalier s'est emparé de la problématique des déserts médicaux à l'hôpital il y a deux ans, a indiqué Nicole Smolski, sa présidente, lors du Salon de la Santé et de l'Autonomie. "Nous pensions initialement que la pénurie dans certains hôpitaux résultait de problèmes locaux de géographie ou de gouvernance. Mais finalement, aucune région ni spécialité n'y échappe", a-t-elle déclaré. Et de citer quelques chiffres issus du rapport du Centre national de gestion (CNG). La densité médicale hospitalière s'établit à 64 pour 100 000 habitants, avec des régions mieux dotées (Limousin, Franche-Comté, Picardie) et d'autres sous-dotées (Guyane, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Pays-de-la-Loire). En outre, 23% des postes sont vacants toutes spécialités confondues, certaines régions (Basse-Normandie, Picardie, Champagne-Ardenne) et spécialités (oncologie, radiologie, médecine du travail, médecine réanimation) étant déficitaires à plus de 30%. Par ailleurs, 26% des praticiens quittent l'hôpital par démission. Le constat est donc là avec des répercutions sur la qualité de la prise en charge, le recours à l'intérim qui coûte cher...

Une volonté politique de s'intéresser au problème

Noël Vanderstock, directeur d'hôpital et secrétaire national du SYNCASS-CFDT, a lui aussi confirmé que l'absence de médecin à l'hôpital entraîne de nombreuses difficultés sur les conditions de travail de ceux qui restent mais aussi, "par contagion", des départs vers le privé ou le monde libéral et bien sûr des surcoûts liés au recours à l'intérim. Olivier Véran, député socialiste de l'Isère, médecin au CHU de Grenoble, a quant à lui lancé un groupe de travail sur le recours à l'intérim médical à l'hôpital, qu'il n'assimile nullement à du mercenariat (lire notre sujet du 10/05/2013). Le recours à l'intérim ne pose pas de problème en soi puisqu'il permet de subvenir au quotidien (congés maladie ou maternité, etc.). Il y a par contre un réel problème de remplacement de titulaires (postes vacants), a-t-il souligné. Les "rustines" jusqu'à présent utilisées ne suffisent plus : recours aux médecins étrangers, contrat de clinicien hospitalier dans la loi HPST, variation du numerus clausus, contrat d'engagement de service public... Selon le député, il faut désormais trouver des solutions innovantes sans passer par la coercition, prônée par Noël Vanderstock. 

Une opération vérité réclamée sur les postes vacants

D'après le directeur d'hôpital et syndicaliste, outre l'attractivité des établissements et les mesures incitatives, la coercition est une voie qui ne peut plus être évitée. Emanuel Loeb, président de l'Intersyndicat national des internes (ISNI) a aussitôt saisi l'opportunité pour rappeler son attachement au principe fondamental de libre installation des médecins libéraux. Nicole Smolski, elle, préfère demander "une opération vérité nationale sur les postes vacants". Elle propose aussi de "profiter du nomadisme médical actuel pour le moraliser". Et demande en cela un encadrement de l'intérim via par exemple la création d'une liste d'aptitude gérée par le CNG pour les remplacements. Peut-être cette idée sera-t-elle reprise par le député Olivier Véran, qui doit remettre ses propositions à l'automne prochain ?

Pia Hémery, Hospimedia

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
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Les annonces de recrutement 
Février 2020

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Les dernières actus

Quel protocole d'accord pour vous, PH : donnez votre avis

Comme vous le savez, des syndicats de médecins – qui ne sont pas majoritaires chez les praticiens hospitaliers et les praticiens non-titulaires – s’apprêtent à signer un protocole d’accord qui n’est pas en phase avec les propositions que nous avons exposées au ministre, et, surtout, qui ne semble pas répondre au choc d’attractivité tant attendu.

Nous vous sollicitons à nouveau pour donner votre avis sur les deux propositions :

L’enquête est rapide (une à deux minutes) et la deadline est à CE dimanche à 18 heures.

Vous avez été plus de 5500 à répondre à notre enquête la semaine dernière, nous comptons sur vous pour faire exploser les compteurs.

Nous sommes vos représentants, votre participation est notre force.

Soyez nombreux à voter, et à faire voter ! C’est par ici que ça se passe : https://forms.gle/W2ssByj2mjot317M7

NOTE EXPLICATIVE

Voici les scénarios et les simulations pour des PH temps plein, sans activité libérale, avec décompte du temps de travail en demi-journées (voir le pdf explicatif ici).

  • PH échelon 4, 7 , 10
  • PH échelon 13 avec plusieurs niveaux d’ancienneté dans l’échelon

La ligne « Total » indique les émoluments avant inclusion des gardes.

La ligne « Avec 4 gardes » simule les revenus en incluant les indemnités de sujétions (salaire + IESPE + indemnités de sujétion).

La ligne « Journées libérées » indique combien de jours vous avez travaillez en moins avec « 24 heures = 5 DJ » par rapport au décompte 24 heures = 4 DJ.

La ligne « TTA payé sur la 5ème DJ » indique combien de TTA vous est payé en plus si vous préférez travailler ces jours-là.

Courrier d'APH et JM au Premier Ministre

 

SÉGUR DE LA SANTÉ : LES 5 AXES DE NÉGOCIATIONS AVANCÉS

LETTRE D'INFORMATION APH-JM-INPH

du 19 juin 2020

Le Ségur de la Santé a démarré le 25 mai 2020 et s’articule autour de 4 « piliers » :

Pilier 1 : Carrières et rémunérations

Pilier 2 : Financements et investissements

Pilier 3 : Simplification du quotidien (gouvernance)

Pilier 4 : Territoires

Sur ces 4 piliers, les intersyndicales de praticiens hospitaliers ainsi que plusieurs syndicats constitutifs ont fourni des contributions.

Les concertations autour des piliers 2, 3 et 4 sont rendues difficiles par le nombre d’intervenants (hôpital, libéraux, usagers, institutionnels) et donnent l’impression d’une grande improvisation. Toutefois, nos organisations essaient de faire passer quelques idées.

Le pilier 1 est de loin le plus important. Un espace de négociation entre le Ministère et les organisations syndicales représentatives a été ouvert.

Ce mardi 16 juin nous ont été exposés les axes de la négociation, et nous avons pu faire des contre-propositions. Mardi 23 juin, un chiffrage va nous être annoncé pour chacune des propositions, et mardi 30 juin nous devrions avoir une proposition de protocole d’accord en présence du ministre Olivier Véran, pour une signature des « Accords de la Santé » dans la première quinzaine de juillet 2020. Il est prévu des mesures immédiates et le lancement de groupes de travail pour des mesures plus complexes.

Voici les 5 axes de négociations avancés :

  • La revalorisation salariale des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques est à l’ordre du jour. Alors que la suppression des 3 premiers échelons de PH est déjà engagée de longue date et va être prochainement publiée, le salaire de tous les praticiens – milieu et fin de carrière, mais aussi internes et contractuels – devrait être revalorisé dans le cadre du Ségur, ainsi bien sûr que pour les personnels non médicaux.
  • Dans ce chapitre, la clarification sur le décompte du temps de travail a été de nouveau réclamée. C’est en particulier la nécessité d’une définition claire de la durée des obligations de service des PH en une unité de compte définie, a priori l’heure de travail.
  • Une juste valorisation du temps de travail de nuit dont la pénibilité doit être reconnue a été à nouveau réclamée. La reconnaissance du principe d’une nuit = 3 demi-journées ou 24 heures = 5 demi-journées est soutenue par toutes les intersyndicales et de la FHF.
  • Un relèvement important de l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) est demandée. Nous demandons de même, qu’elle redevienne identique pour tous les praticiens quelle que soit leur ancienneté.
  • La création d’échelons supplémentaires (3 sans doute) qui permettrait aux PH d’obtenir de l’avancement durant toute leur carrière est demandée.
  • Une revalorisation du temps de travail additionnel (TTA) et les indemnités liées à la permanence des soins est proposée à la négociation.
  • Nous demandons également que la retraite et protection sociale des HU soient revalorisées à la hauteur de celle des PH.
  • Des propositions chiffrées seront présentées par les pouvoirs publics le 23 juin.
  • Développement et valorisation des compétences
    • Seraient ouvert à la négociation la création de valences rémunérées pour l’enseignement et la recherche, le management.
    • Possibilité élargie aux PH d’avoir des missions universitaires et aux HU de travailler en CH.
    • Le financement de la formation continue sera intégré dans la négociation avec des mesures qui facilitent l’accès à la formation continue et à des passerelles pour les deuxièmes parties de carrière.
  • Diversification des modes d’exercice
    • ​Réaffirmation d’un véhicule commun statutaire quand bien même il y a une attente exprimée pour des exercices « mixtes » avec un statut unique de PH temps plein ou temps partiel, avec possibilité d’exercice mixte public ou privé, tout au long de la carrière.
    • La proposition du développement de profession médicale intermédiaire est une modalité d’évolution des métiers qui a été retoquée par l’ensemble des participants. En revanche, l’émergence d’une science paramédicale autonome et sa reconnaissance est une nécessité reconnue.
  • Qualité de vie au travail
    • L’idée est de se recentrer sur la notion de service (et non d’unité fonctionnelle ou de pôle) et ses moyens de fonctionnements collectifs (temps de réunion inclus dans les obligations de service).
    • Principe d’une protection sociale complémentaire financée par l’établissement, garantissant une compensation des revenus (salaires, permanence des soins, primes).
    • Le principe d’une reconnaissance de la pénibilité (en particulier de la permanence des soins) fait consensus.
  • Santé au travail
    • Visite médicale annuelle obligatoire pour tous les PH.
    • Principe d’une protection sociale complémentaire financée par l’établissement, garantissant une compensation des revenus (salaires, permanence des soins, primes).

Mercredi dernier, la Commission des statuts du conseil supérieur des personnels médicaux, odontologistes et pharmaceutiques des établissements publics de santé (CSPM) a examiné un décret qui supprime les 3 premiers échelons de la carrière de PH ce qui permettra à un jeune PH de rentrer directement au 4e échelon (devenu le 1er) et de bénéficier ainsi d'un gain en matière d'ancienneté. Un autre projet de décret vise à octroyer aux praticiens hospitaliers dès la période probatoire l'indemnité d'engagement de service public exclusif, et l'indemnité d'activité sectorielle et de liaison pour ceux nommés dans la spécialité psychiatrie.

Ces propositions sont encourageantes pour l’avenir des praticiens hospitaliers et de l’hôpital public. Nous devons toutefois faire preuve d’un optimisme prudent. Si ces annonces n’étaient finalement pas honorées, nous vous appellerons bien sûr à vous mobiliser.

Nous continuerons à donner toute l’énergie nécessaire durant le marathon du Ségur pour défendre vos intérêts. Merci de votre confiance.

Dr Jacques Trévidic, Président APH, Président CPH

Dr Jean-François Cibien, Vice-président APH, Président AH

Dr Rachel Bocher, Présidente INPH

Dr Emanuel Loeb, Président JM

 
 
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