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La parole aux biologistes

SNBH : à force de tirer sur le corde 

 
À l’hôpital public, la souffrance ainsi que le mal être au travail touchent deux biologistes sur trois, avec un retentissement qui peut s'avérer parfois majeur sur la vie personnelle. Surchargés de travail, notamment par la démarche d’accréditation et par les projets concomitants de regroupement des laboratoires dans le cadre des GHT, souvent confrontés à une réduction des effectifs en personnels ou à des situations de harcèlement hiérarchique et administratif, les biologistes hospitaliers sont nombreux à partager le sentiment de ne plus y arriver. Beaucoup affirment ne plus se retrouver dans leur métier, gèrent constamment le plus urgent de l’urgent, n'arrivent plus à se rendre disponible pour leurs patients ou leurs collègues et n'ont plus de temps à consacrer à leur formation continue ou à des activités transversales au sein de leur établissement. Le sentiment fort de faire moins bien leur travail avec une véritable perte de sens du cœur de leur métier et de leur rôle.
 

Les paroles s’envolent !

L’Ordonnance relative à la biologie médicale avait été présentée en 2010 comme devant renforcer la médicalisation de la Biologie Médicale, assurer sa pérennité et garantir à tous les Français l’accès à une biologie de qualité prouvée dans tous les territoires. Mais qu'en est-il aujourd’hui ? 
Dans le secteur libéral, beaucoup de laboratoires se sont organisés en réseaux et ont regroupé la réalisation des examens sur des plateaux techniques dans un souci d'efficience économique tout en se donnant les moyens de faire face aux exigences de l'accréditation obligatoire. Problème, de très nombreux sites périphériques ne sont plus techniquement en mesure d'assurer la moindre urgence lorsque le délai d’acheminement est trop long.
 

Warning !

Pour de nombreux hôpitaux publics, l’évolution actuelle des restructurations de la Biologie Médicale s'avère tout aussi inquiétante ; regroupements des examens sur le laboratoire du site pivot du GHT, fermetures de tout ou partie des laboratoires et/ou recours à la biologie délocalisée sur les sites périphériques. Cela a comme conséquences l'éloignement et la perte du dialogue entre biologistes et prescripteurs. Ainsi, le recul du maillage territorial avec des inégalités de prises en charge d’un territoire à l’autre et la dégradation de la sécurité des soins pour les patients sont inévitables. Au-delà de l’allongement global du délai de rendu des résultats lié à l'éloignement du plateau technique et de la dégradation du pré-analytique, la validation des résultats de biologie délocalisée par un infirmier formé, mais potentiellement susceptible de passer à côté d’un problème technique, constitue un risque réel. Quid alors de la responsabilité médico-légale du prescripteur qui utilise ce résultat erroné pour décider d'un geste thérapeutique pour son patient ?
Les biologistes médicaux ont toujours su faire face et s’adapter. S’ils tirent la sonnette d’alarme, c’est qu’ils sont au bout du rouleau et qu’ils ont besoin d’une pause et de cohérence. Il serait temps que les pouvoirs publics en prennent la mesure.
 
Xavier Palette, président du SNBH
 

SJBM : de la nécessité de dialoguer…

La biologie médicale est une spécialité médicale dont les examens participent au diagnostic médical dans 60 % à 70 % des cas en ville comme dans les établissements de santé, pour un coût estimé à 1,80 % des dépenses courantes de santé. Une nouvelle législation a validé la mise en place d’une accréditation obligatoire, norme de qualité ayant bouleversé l'organisation des laboratoires au sein des hôpitaux.
 
Cette évolution s'effectue en parallèle de la mise en place de Groupement Hospitalier deTerritoire (GHT) et bien souvent de changements informatiques. L'ensemble de ces facteurs, particulièrement chronophages et sources d'angoisses pour le biologiste médical hospitalier, a abouti à une restructuration du métier avec concentration, et cela s'accélère, des laboratoires et baisses des moyens pour l'achat d'automates analyseurs. Les conséquences sont une baisse du dialogue clinico-biologique, une diminution du temps des praticiens pour la formation des internes et la formation continue ainsi qu'une augmentation des délais de rendu de résultats de certains examens biologiques, notamment urgents.
 
Face à cette mutation, il est nécessaire de replacer le partenariat clinico-biologique au cœur du métier, d'assouplir cette démarche d'accréditation afin de l'adapter au besoin des patients et d'inclure les biologistes médicaux, ainsi que tous les professionnels de santé, dans l'organisation des GHT.
Seul le dialogue entre l'administration, les tutelles et les professionnels de santé permettra au système de santé français d'améliorer la qualité des soins, d'obtenir une organisation efficiente et une biologie médicale d'excellence, au plus proche du patient.
 
Lionel Barrand , président du SJBM 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

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     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

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Les dernières actus

Les parlementaires veulent dissuader les médecins de faire carrière à l’hôpital

 
Les sénateurs ont introduit dans le projet de loi de santé un article, validé en Commission mixte paritaire Assemblée nationale / Sénat, qui impose aux praticiens hospitaliers démissionnaires et aux praticiens hospitaliers à temps partiel une clause leur interdisant d’exercer en secteur libéral s’ils rentrent en concurrence avec leur hôpital, avec des critères larges (rayon maximal de 10 km) dont l’appréciation relève du directeur de l’établissement. Les sanctions financières qui sont prévues en cas de non-respect de cette clause sont dissuasives.
 
Cette mesure est catastrophique pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, déjà largement mise à mal depuis de nombreuses années en raison de l’insuffisance des rémunérations et des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer. Quel jeune praticien acceptera de s’engager dans le service public si cela conduit à lui mettre des chaînes et ne plus pouvoir repartir dans le secteur privé à moins de déménager ? Il est incroyable que le caractère dissuasif d’une telle mesure n’ait pas été perçu par les parlementaires et le gouvernement. Pire encore, cette mesure touche également les praticiens hospitaliers à temps partiel alors que jusqu’à présent, aucune disposition en ce sens n’a jamais existé. Tout cela conduira certainement à une vague de départ anticipé avant que les décrets d’application ne soient publiés.
 
Comment de telles dispositions ont pu être introduites dans ce projet de loi alors que le Président de la République et tous nos interlocuteurs au Ministère des solidarités et de la santé n’ont cessé de prôner l’exercice mixte public – privé ? Cette clause de non-concurrence, laissée à l’appréciation du directeur de l’établissement, rend l’exercice mixte particulièrement risqué voire impossible. Elle ne défend en rien l’hôpital public mais va décourager les praticiens de venir y travailler. Ils préféreront s’installer d’emblée dans le privé ou faire de l’intérim pour éviter de ne plus pouvoir exercer en libéral s’ils prennent un poste de praticien hospitalier titulaire ou contractuel.
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins appellent les députés et le gouvernement à revenir à la raison en supprimant cet article délétère lors de la lecture du texte de la Commission mixte paritaire à l’Assemblée Nationale le 10 juillet prochain.
 

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins remportent les élections professionnelles médicales hospitalières !

 
 
Les élections professionnelles qui se sont déroulées du 25 juin au 2 juillet 2019 pour les médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers ont permis à APH & JM de devenir la première force syndicale représentative chez les Praticiens Hospitaliers titulaires ainsi que chez les Praticiens non titulaires. De plus APH & JM font une entrée remarquée chez les Hospitalo-Universitaires en obtenant plus de 30 % des voix et un siège, qui sera occupée par la seule femme du collège HU du Conseil Supérieur des Professions Médicales, ceci pour leur première participation ! 
 
Nous remercions tous les collègues qui nous ont fait confiance en Métropole et Outre-Mer, et ont choisi les éléments forts de notre programme proposant un statut unique de Praticien Hospitalier avec quotité modulable, davantage de démocratie dans les nominations hospitalières, une remédicalisation de la gouvernance, et une meilleure représentation syndicale dans les Hôpitaux. Ces propositions phares sont issues des résultats de notre consultation via le site LeGrandDebatSante.fr, que nous avions promis de porter et que nous défendons depuis le début du cycle de négociations en cours avec le Ministère de la Santé et des Solidarités. 
 
Bien entendu, les négociations statutaires interrompues au prétexte de la période électorale en cours devront reprendre sans délai, pour parler des rémunérations, des conditions d’exercice, et notamment des garanties sur le respect du temps de travail de tous les praticiens hospitaliers.
 
La confiance que vous nous avez témoignée a été bien placée : nous vous le démontrerons encore plus fort, que ça soit au service du collectif, ou des situations individuelles de collègues en difficultés. APH & JM assumeront ces responsabilités avec fierté et détermination.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Marc Bétrémieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
 

CRISE DE L'HÔPITAL ? La vidéo de l'interview de F. Pierru, Docteur en sciences politiques

LIRE LA VIDÉO

Alors que plus de 140 services d’urgences sont en grève et que le mouvement déborde des urgences, APH-JM interroge le sociologue Frédéric Pierru sur les causes racines de l’implosion actuelle du service public hospitalier.

Le mouvement des urgences est le symptôme d’une crise plus générale.

On nous dit «vous êtes désorganisés ». Il répond «votre financement est insuffisant pour assurer vos missions » «le modèle de l’hôpital-entreprise a touché le fond ».
Une vidéo-choc pour arrêter la culpabilisation et réfléchir à un autre modèle, réflexion autour du livre « la casse du siècle »*.

 

LA CASSE DU SIÈCLE : EN SAVOIR PLUS

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