Grands Dossiers

Les Déserts Médicaux Hospitaliers

Les déserts médicaux ne concernent pas que la médecine ambulatoire de ville mais touchent également de nombreux hôpitaux qui ont d’énormes difficultés à recruter certains médecins spécialistes (radiologues, obstétriciens, chirurgiens, etc.). Sur ce sujet, le constat et les propositions faites pour l’anesthésie réanimation par le SNPHARE pour AVENIR HOSPITALIER peuvent être transposés à toutes les autres spécialités déficitaires.


Bilan et conséquences de la démographie en anesthésie et réanimation

  • Creux démographique jusqu’en 2020, avec parallèlement augmentation de la demande : nouvelles spécialités consommatrices d’anesthésie, augmentation des flux de formation des chirurgiens (ratio 1,13 en 2011, 1,45 en 2021), vieillissement (+15%) et accroissement de la population (+5%).
     
  • Disparités géographiques avec de vrais déserts dans certaines régions, non compensés par les flux de formation qui souvent aggravent ces inégalités, avec des drames de fonctionnement de certains hôpitaux.
     
  • Perte d’attractivité des carrières hospitalières. 26% des postes de titulaires temps plein sont vacants en 2012, 55% pour les temps partiels. Les réponses actuelles ne sont que du replâtrage : coopérations difficiles pour une spécialité à fort risque médico-légal, médecins étrangers communautaires ou non communautaires aux recrutements aléatoires, mercenariat sous diverses formes. Par ailleurs aucun dispositif diagnostic et descriptif exhaustif n’existe au niveau national, notamment par manque de transparence locale (avec des arrangements parfois border line au niveau réglementaire).

 

Les propositions

Elles doivent être déclinées à court (urgence), moyen et long terme ; et doivent être suffisamment fortes pour être incitatives et non obligatoires.

Deux prérequis :

  • Un bilan démographique vérité au sein des hôpitaux doit être fait et piloté par le CNG, via les ARS et les Directions/DAM : QUI FAIT QUOI ACTUELLEMENT, quels sont les médecins qui y travaillent ? Sur quels statuts ou contrats ?
     
  • Des critères nationaux doivent être fixés pour définir les zones défavorisées : en effet, il peut y avoir des régions entières défavorisées, ou des départements défavorisés au sein de régions optimum, ou des établissements défavorisés au sein de départements optimum, ou même des services défavorisés au sein d’hôpitaux optimum.



1. L’urgence : des propositions avec résultats à court terme (efficacité attendue à un an)

Pour les zones défavorisées : créer un flux entrant dans ces zones déficitaires grâce à un pool de médecins remplaçants, sur le mode du mercenariat actuel mais encadré par les pouvoirs publics ; en surfant sur les aspirations générationnelles de nomadisme ; en osant faire le constat que actuellement des PH assurent des remplacements illégaux sur leurs congés, ou via des temps partiels ou temps réduits ou via des cumuls emplois retraites.
 

  • Avec des conditions attractives en terme d’accueil,
     
  • Au sein d’un partenariat avec le CHU voisin,
     
  • Avec des conditions de rémunération attractives et une prise en compte de ces périodes dans la carrière (primes salariales et/ou accélérations de carrière et/ou bonus sur la retraite en temps et en cotisations),
     
  • Avec des propositions adaptées à chaque âge : les jeunes médecins (fin d’internat, clinicat), les médecins retraités, mais aussi les PH en place sur des missions courtes.


 

2. Propositions avec résultats à moyen terme (efficacité attendue à 3 ans)

  • Réflexion nationale sur les flux de formation par région, afin d’inverser les déficits actuels.
     
  • Pouvoir décisionnel donné aux DGARS sur les flux de formation dans leur région, en concertation avec les doyens, les représentants des internes CCA et PH de la région ; avec arbitrage ministériel, en lien avec la région et la problématique de l’aménagement du territoire.
     
  • Avantages statutaires pour ceux qui acceptent un engagement de 6 ans (carrières accélérées, bonus pour la retraite, primes).
     
  • Rendre ces zones prioritaires.




3. Propositions à long terme (efficacité attendue à 5 ans)

  • Améliorer l’attractivité des carrières : réflexion de fond sur les statuts temps plein et temps partiel, le travail de nuit et sa pénibilité, la valorisation de l’astreinte (cf. fiches synthétiques ad hoc).
     
  • Des mesures spécifiques : accélérations de carrière, priorités de mutation pour ceux qui se sont engagés pour 2 mandats de 6 ans dans des zones déficitaires, primes salariales, etc.
     

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

----------------------------------------------------------------

Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

----------------------------------------------------------------

 
 

  

       

Pour lire le sommaire et les articles cliquez ici

Pour télécharger la revue, cliquez ici

----------------------------------------------------------------

     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

      retrouver ces annonces sur le site reseauprosante.fr

 

Les dernières actus

Les parlementaires veulent dissuader les médecins de faire carrière à l’hôpital

 
Les sénateurs ont introduit dans le projet de loi de santé un article, validé en Commission mixte paritaire Assemblée nationale / Sénat, qui impose aux praticiens hospitaliers démissionnaires et aux praticiens hospitaliers à temps partiel une clause leur interdisant d’exercer en secteur libéral s’ils rentrent en concurrence avec leur hôpital, avec des critères larges (rayon maximal de 10 km) dont l’appréciation relève du directeur de l’établissement. Les sanctions financières qui sont prévues en cas de non-respect de cette clause sont dissuasives.
 
Cette mesure est catastrophique pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, déjà largement mise à mal depuis de nombreuses années en raison de l’insuffisance des rémunérations et des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer. Quel jeune praticien acceptera de s’engager dans le service public si cela conduit à lui mettre des chaînes et ne plus pouvoir repartir dans le secteur privé à moins de déménager ? Il est incroyable que le caractère dissuasif d’une telle mesure n’ait pas été perçu par les parlementaires et le gouvernement. Pire encore, cette mesure touche également les praticiens hospitaliers à temps partiel alors que jusqu’à présent, aucune disposition en ce sens n’a jamais existé. Tout cela conduira certainement à une vague de départ anticipé avant que les décrets d’application ne soient publiés.
 
Comment de telles dispositions ont pu être introduites dans ce projet de loi alors que le Président de la République et tous nos interlocuteurs au Ministère des solidarités et de la santé n’ont cessé de prôner l’exercice mixte public – privé ? Cette clause de non-concurrence, laissée à l’appréciation du directeur de l’établissement, rend l’exercice mixte particulièrement risqué voire impossible. Elle ne défend en rien l’hôpital public mais va décourager les praticiens de venir y travailler. Ils préféreront s’installer d’emblée dans le privé ou faire de l’intérim pour éviter de ne plus pouvoir exercer en libéral s’ils prennent un poste de praticien hospitalier titulaire ou contractuel.
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins appellent les députés et le gouvernement à revenir à la raison en supprimant cet article délétère lors de la lecture du texte de la Commission mixte paritaire à l’Assemblée Nationale le 10 juillet prochain.
 

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins remportent les élections professionnelles médicales hospitalières !

 
 
Les élections professionnelles qui se sont déroulées du 25 juin au 2 juillet 2019 pour les médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers ont permis à APH & JM de devenir la première force syndicale représentative chez les Praticiens Hospitaliers titulaires ainsi que chez les Praticiens non titulaires. De plus APH & JM font une entrée remarquée chez les Hospitalo-Universitaires en obtenant plus de 30 % des voix et un siège, qui sera occupée par la seule femme du collège HU du Conseil Supérieur des Professions Médicales, ceci pour leur première participation ! 
 
Nous remercions tous les collègues qui nous ont fait confiance en Métropole et Outre-Mer, et ont choisi les éléments forts de notre programme proposant un statut unique de Praticien Hospitalier avec quotité modulable, davantage de démocratie dans les nominations hospitalières, une remédicalisation de la gouvernance, et une meilleure représentation syndicale dans les Hôpitaux. Ces propositions phares sont issues des résultats de notre consultation via le site LeGrandDebatSante.fr, que nous avions promis de porter et que nous défendons depuis le début du cycle de négociations en cours avec le Ministère de la Santé et des Solidarités. 
 
Bien entendu, les négociations statutaires interrompues au prétexte de la période électorale en cours devront reprendre sans délai, pour parler des rémunérations, des conditions d’exercice, et notamment des garanties sur le respect du temps de travail de tous les praticiens hospitaliers.
 
La confiance que vous nous avez témoignée a été bien placée : nous vous le démontrerons encore plus fort, que ça soit au service du collectif, ou des situations individuelles de collègues en difficultés. APH & JM assumeront ces responsabilités avec fierté et détermination.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Marc Bétrémieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
 

CRISE DE L'HÔPITAL ? La vidéo de l'interview de F. Pierru, Docteur en sciences politiques

LIRE LA VIDÉO

Alors que plus de 140 services d’urgences sont en grève et que le mouvement déborde des urgences, APH-JM interroge le sociologue Frédéric Pierru sur les causes racines de l’implosion actuelle du service public hospitalier.

Le mouvement des urgences est le symptôme d’une crise plus générale.

On nous dit «vous êtes désorganisés ». Il répond «votre financement est insuffisant pour assurer vos missions » «le modèle de l’hôpital-entreprise a touché le fond ».
Une vidéo-choc pour arrêter la culpabilisation et réfléchir à un autre modèle, réflexion autour du livre « la casse du siècle »*.

 

LA CASSE DU SIÈCLE : EN SAVOIR PLUS

© Avenir Hospitalier - VA Solutions 2012 - Tous droits réservés