Open data : comment croire au respect du secret médical quand celui des données d’information médicale ne le sont toujours pas ?

Au moment où l’Assemblée nationale se penche sur « l’open data » (ouverture d’une base de données médicales anonymisées), Avenir Hospitalier tient à souligner le rôle fondamental des médecins des Départements d’Information Médicale dans le respect du secret médical, et l’absence de garantie actuelle de ce secret. 
 
Alors que le problème du secret médical revient sur la scène, Avenir Hospitalier constate que le docteur Tanquerel, médecin DIM qui a dénoncé les dérives au respect du secret médical organisées dans son établissement pour l’exploitation des données médicales par des sociétés privées, est toujours placardisé et empêché d’exercer son activité.
Pourtant, la CNIL lui a donné pleinement raison dans sa décision du 25 septembre 2013, mettant en demeure le directeur  de son hôpital et au-delà l’ensemble des hôpitaux  et cliniques français de se conformer à des préconisations strictes de respect du secret médical.
Nous savons que ces pratiques ont repris dans un certain nombre d’établissements. Et notre collègue, authentique lanceur d’alerte, est toujours victime de sanctions professionnelles, et même les procédures juridiques semblent au point mort depuis 2013 !
 
Tous les médecins DIM de France  sont dans l’expectative, n’osant s’opposer à ces pratiques sous peine de subir le même sort. Quelles garanties avons-nous que le Dr Tanquerel puisse être rétabli dans son bon droit et ne continue pas à faire les frais de son engagement déontologique ?
 
Et dans ce contexte de non-droit voire de harcèlement à ceux qui osent s’opposer, comment croire que le secret médical sera garanti par l’open data, quand on sait les enjeux financiers énormes qui sont derrière, bien au-delà de la tarification des hospitalisations ?
Le ministère  qui s’engage vers l’open data et certifie garantir le respect du secret médical semble avoir gommé que rien n’est réglé pour son respect dans le cadre de l’information médicale hospitalière, et que les lanceurs d’alerte sont toujours harcelés : N’est ce pas le moment de montrer en haut lieu que le secret médical est une priorité, dans toutes ses composantes ?
 
Avenir Hospitalier demande à nouveau  - comme l’avaient fait ensemble les 5 intersyndicales de praticiens hospitaliers dès 2013 – la réintégration  sans délai du docteur Tanquerel dans ses fonctions de médecin DIM, ainsi que l’attribution  rapide de moyens à la hauteur des enjeux  juridiques et financiers   nécessaires au fonctionnement  des départements d’information médicale des établissements de santé  pour garantir le droit des usagers. Ca serait un signal fort de l’engagement en haut lieu pour le secret médical.
 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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