Dialogue social

Les 35 heures à l'Hôpital! De qui se moque t'on?

Avenir Hospitalier a pris connaissance avec surprise des propos de Monsieur Valletoux, Président de la Fédération Hospitalière de France, sur BFMTV, en réponse à la plainte déchirante des médecins anesthésistes lors du reportage sur leurs conditions de travail : horaires à rallonge, nuit et jour, dans des conditions démographiques jamais vues, avec des risques psycho-sociaux montant en flèche.
 
S’il reconnaît qu’on travaille beaucoup à l’hôpital, dans des conditions de pénibilité qu’il daigne reconnaitre, avec des conditions de travail dégradées, au sein d’un service public explosé par l’afflux de patients, sa seule thérapeutique c’est de supprimer les 35 heures à l’hôpital.
 
Comme ce discours est récurent, depuis plusieurs mois, Avenir Hospitalier constate que seul un homme politique peut faire de telles pirouettes de langage sans rougir : il est bien obligé de constater que les médecins sont épuisés, travaillent trop, et que répond-il ? « C’est la faute aux 35H, si vous travailliez plus les organisations du travail seraient plus faciles ». Donc  vous travaillez trop, mais augmentons la durée légale du travail et ça ira mieux !
 
Mais de qui se moque-t-il ? Est ce que les médecins hospitaliers sont aux 35 heures ? Non, et il le sait très bien.  Nous sommes plus près des 60 heures hebdomadaires. C’est un discours idéologique et politique totalement déconnecté de la réalité, que nous n’acceptons pas.
 
Comment ose-t-il répondre « carcan des 35H » alors que tous les médecins hospitaliers savent que le carcan qui pèse sur les hôpitaux, et se rajoute à la suractivité actuelle, c’est un carcan administratif, où toutes les décisions deviennent impossibles à prendre et totalement déconnectées du terrain ?
 
Nous prévenons donc Monsieur Valletoux : la seule bouffée d’oxygène qu’ont les médecins dans cet environnement de travail dégradé avec des horaires que peu de professionnels connaissent, ce sont nos jours de RTT. Oui nous avons du mal à les prendre, mais au moins ils sont là, compensation à venir de notre surinvestissement.
 
Donc attention : s’il veut toucher au seul avantage que nous ayons obtenu comparable à celui des autres professions c’est la guerre atomique. Dans cette période tourmentée au sein du monde médical dans sa globalité, même si les raisons des mouvements dans le secteur libéral et dans le secteur hospitalier ne sont en rien comparables, qu’il ne rajoute pas d’huile  sur le feu avec sa litanie des 35 heures à l’hôpital.
 
 
 

Pas de trêve des confiseurs à l'hôpital!

Les deux intersyndicales Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, qui rassemblent plus de la moitié des praticiens hospitaliers de toute spécialités, soutiennent et accompagnent fortement les mouvements de grève annoncés à partir de lundi 22 Décembre

Le temps de travail, la pénibilité du travail notamment en permanence des soins, sont des sujets qui concernent la plupart des médecins hospitaliers. Alors qu’on nous demande de suppléer aux grèves à venir du secteur libéral, que le travail s’intensifie depuis des années sans compensation, dans des conditions démographiques plus que défavorables, toutes nos tentatives de nous faire entendre sur ces sujets restent lettre morte. 

Nous en appelons à la responsabilité de la Ministre, qui doit entendre les voix de plus en plus fortes : nous demandons l’ouverture de négociations pour l’ensemble des PH sur les thèmes du temps de travail et des pénibilités.

Nos propositions sont prêtes, tous les syndicats de la permanence des soins convergent sur les solutions, qui ont été reprises dans tous les rapports sur l’attractivité. Attendre plus sans signe pour les PH serait lourd d’enjeux dans la période actuelle.

 

Mission parlementaire sur l'attractivité des carrières de PH:

En réponse à nos exigences de faire rapidement des propositions pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, le ministère nous a opposé la création rapide d’une mission parlementaire, qui devrait rendre des conclusions sous 3 mois, afin d’engager très rapidement des négociations.
Avenir Hospitalier était très dubitatif sur cette Nième mission, après la mission Toupillier, la mission Véran, la mission Couty, et les préconisations de la FHF, toutes ces missions convergeant sur un certain nombre de solutions.

Ce qui a motivé la grève du 14 Octobre, et explique son franc succès chez des médecins hospitaliers excédés des conditions de travail qu’ils subissent.
Bientôt un mois que cette mission nous est promise, et nous ne voyons rien venir, ce qui conforte notre sensation d’être la dernière roue du char. Pourtant le mal être et la colère se sont exprimées on ne peut plus clairement ces dernières semaines : que ce soit la mobilisation autour de la grève, tous les témoignages recueillis le 14 octobre et le taux énorme de réponses à l’enquête pénibilité (dont les résultats montrent bien qu’outre les pénibilités Code du Travail, les médecins dénoncent leur temps de travail global, le stress majeur quotidien, les relations dégradées au sein de l’hôpital et avec les patients, les problèmes d’effectifs, la désorganisation du travail et les conflits locaux).


Heureusement pour nous que la justice joue son rôle, et arbitre en notre sens les conflits juridiques qui se nouent de plus en plus souvent : le Conseil d’Etat vient une fois de plus d’arbitrer en notre faveur :

cliquer ici pour lire l'avis du Conseil d'Etat


Les administrations ne peuvent désormais plus se réfugier derrière le flou de la demi- journée pour nous obliger à travailler plus de 48 heures hebdomadaires. Voilà qui renforce l’arrêté du 8 novembre 2013, et va nous permettre localement de faire valoir nos droits.

Mais va-t-il falloir que tous les PH attaquent leur hôpital pour non respect du droit ?

Quelle image donnons-nous de la vie à l’hôpital et du dialogue social, si les seules avancées sont extorquées par le droit ? Sans aucune vision globale de l’attractivité des carrières !
Ce silence assourdissant nous amène à programmer d’autres actions : les collègues qui nous ont fait confiance et suivi notre mouvement ne comprendraient pas si nous restions inertes.

 

 

Vous avez dit concertation et dialogue social?

Les 2 intersyndicales Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens Hospitaliers, au vu du déroulement des dernières séances de discussion avec la DGOS et du Ministère sont très inquiets de l’absence totale de perspective, voire du blocage ou de l’obstruction à toute avancée pour les médecins et pharmaciens hospitaliers.
 
Depuis  un an de rencontres, les sujets soulevés ne manquent pas, signant le très fort besoin de changer la vie des médecins hospitaliers. Par contre, absolument rien n’avance, voire nous reculons comme sur les sujets du cumul emploi retraite, ou la prise en compte de la pénibilité.
 
- Alors que la ministre il y a un an s’était engagée personnellement pour que les avancées concernant la pénibilité pour les salariés du privé soient déclinées aux médecins et pharmaciens exposés aux risques (le travail de nuit en premier lieu) ;
- Alors que tout ce qui nous remonte des établissements et des collègues est une très forte aspiration à l’amélioration des conditions de travail et à la prise en compte de la pénibilité ;
 
Nous avons appris lundi que le compte pénibilité ne nous serait en aucun cas appliqué, et que nous devions « être imaginatifs  et créatifs » !!! et trouver des solutions de prévention et de compensation aux pénibilités que nous vivons au quotidien. Comme si nous pouvions nous soustraire au travail de nuit, alors que la réalité c’est que nous le subissons bien après 60 ans faute d’effectifs suffisants.
 
C’est pour l’ensemble des praticiens une humiliation et une trahison supplémentaire, que nous ne pouvons accepter. Il s’agit de discrimination, qui s’exerce au détriment de notre santé.
 
Nous avons joué le jeu de la concertation, pensant que les praticiens avaient tout à y gagner. C’est un échec.
 
L’attractivité des carrières, la prise en compte des pénibilités, le temps de travail, sont des sujets majeurs pour l’avenir de l’hôpital. Eviter le problème ne le supprimera pas.
 
Nous exigeons immédiatement des négociations sur l’ouverture du Compte individuel pénibilités aux praticiens des hôpitaux.
 
En attendant, nous travaillons ensemble à un mouvement d’actions très fortes qui reflètera l’exaspération des collègues qui se sentent trahis et floués.

 

 

 

Les PH souffrent et c'est urgent: La preuve!

Vous avez hier en 24 heures, à plus de 1800, répondu à notre sondage flash sur les raisons de la grève du 14 octobre 2014. Vous êtes plus de 700 à avoir pris le temps d'écrire vos raisons. Nous les publions aujourd'hui, in extenso, brutes, directement de notre base de donnée et sans habillage.

On en pourra plus dire qu'il n'y a pas de problème à l'Hôpital Public. Que le Ministère l'entende.

lire le Rapport du 14 octobre 2014

 

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

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Les dernières actus

Appel à la mobilisation le 26 septembre

 
Actions Praticiens Hôpital & Jeunes Médecins déplorent la faiblesse des réponses apportées par le Ministère des solidarités et de la santé au malaise qui règne depuis de nombreux mois au sein des services d’urgence et dans tout l’hôpital public.
 
Les contacts récents que nous avons eus avec les pouvoirs publics n’apportent aucune solution aux problèmes cruciaux qui détruisent peu à peu tout le système hospitalier :
  • l’étranglement financier mené depuis 10 ans conduit, par des économies forcées sur les structures et les personnels, à des conditions de travail insupportables pour les praticiens et les agents hospitaliers.
  • l’absence de revalorisation des carrières hospitalières entraîne la raréfaction des recrutements des personnels médicaux et non médicaux, dont le départ vers l’intérim entraine un surcoût et une perte de temps médical pour la société.
  • la fermeture des lits a engorgé les services d’admission des hôpitaux qui ne peuvent plus répondre aux pics d’activité, conduisant à des situations extrêmement préjudiciables pour les patients.
  • L’hôpital public est en train d’agoniser sous les yeux de nos gouvernants qui refusent de prendre les mesures qui s’imposent. Nous exigeons :
  • un niveau de financement des hôpitaux en rupture avec la gestion par la pénurie en vigueur depuis 10 ans : il faut que l’augmentation du financement consacré aux dépenses de santé atteigne 4,5 % en 2020 !
  • l’engagement de négociations salariales pour toutes les carrières hospitalières, médicales et non médicales, notamment en début et en fin de carrière : suppression des 5 premiers échelons de la carrière de PH, création d’un échelon supplémentaire en fin de carrière, réévaluation des gardes.
  • l’arrêt de la fermeture des lits et la réouverture de ceux nécessaires pour soigner convenablement nos concitoyens.

APH & JM appellent tous les médecins et pharmaciens hospitaliers à soutenir la Journée d’action commune prévue le 26 septembre prochain à l’initiative du Collectif Inter-Urgences, et demandent à tous de se préparer à un mouvement d’ampleur dans le courant de l’automne.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Marc Bétremieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins

 

Les parlementaires veulent dissuader les médecins de faire carrière à l’hôpital

 
Les sénateurs ont introduit dans le projet de loi de santé un article, validé en Commission mixte paritaire Assemblée nationale / Sénat, qui impose aux praticiens hospitaliers démissionnaires et aux praticiens hospitaliers à temps partiel une clause leur interdisant d’exercer en secteur libéral s’ils rentrent en concurrence avec leur hôpital, avec des critères larges (rayon maximal de 10 km) dont l’appréciation relève du directeur de l’établissement. Les sanctions financières qui sont prévues en cas de non-respect de cette clause sont dissuasives.
 
Cette mesure est catastrophique pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, déjà largement mise à mal depuis de nombreuses années en raison de l’insuffisance des rémunérations et des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer. Quel jeune praticien acceptera de s’engager dans le service public si cela conduit à lui mettre des chaînes et ne plus pouvoir repartir dans le secteur privé à moins de déménager ? Il est incroyable que le caractère dissuasif d’une telle mesure n’ait pas été perçu par les parlementaires et le gouvernement. Pire encore, cette mesure touche également les praticiens hospitaliers à temps partiel alors que jusqu’à présent, aucune disposition en ce sens n’a jamais existé. Tout cela conduira certainement à une vague de départ anticipé avant que les décrets d’application ne soient publiés.
 
Comment de telles dispositions ont pu être introduites dans ce projet de loi alors que le Président de la République et tous nos interlocuteurs au Ministère des solidarités et de la santé n’ont cessé de prôner l’exercice mixte public – privé ? Cette clause de non-concurrence, laissée à l’appréciation du directeur de l’établissement, rend l’exercice mixte particulièrement risqué voire impossible. Elle ne défend en rien l’hôpital public mais va décourager les praticiens de venir y travailler. Ils préféreront s’installer d’emblée dans le privé ou faire de l’intérim pour éviter de ne plus pouvoir exercer en libéral s’ils prennent un poste de praticien hospitalier titulaire ou contractuel.
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins appellent les députés et le gouvernement à revenir à la raison en supprimant cet article délétère lors de la lecture du texte de la Commission mixte paritaire à l’Assemblée Nationale le 10 juillet prochain.
 

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins remportent les élections professionnelles médicales hospitalières !

 
 
Les élections professionnelles qui se sont déroulées du 25 juin au 2 juillet 2019 pour les médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers ont permis à APH & JM de devenir la première force syndicale représentative chez les Praticiens Hospitaliers titulaires ainsi que chez les Praticiens non titulaires. De plus APH & JM font une entrée remarquée chez les Hospitalo-Universitaires en obtenant plus de 30 % des voix et un siège, qui sera occupée par la seule femme du collège HU du Conseil Supérieur des Professions Médicales, ceci pour leur première participation ! 
 
Nous remercions tous les collègues qui nous ont fait confiance en Métropole et Outre-Mer, et ont choisi les éléments forts de notre programme proposant un statut unique de Praticien Hospitalier avec quotité modulable, davantage de démocratie dans les nominations hospitalières, une remédicalisation de la gouvernance, et une meilleure représentation syndicale dans les Hôpitaux. Ces propositions phares sont issues des résultats de notre consultation via le site LeGrandDebatSante.fr, que nous avions promis de porter et que nous défendons depuis le début du cycle de négociations en cours avec le Ministère de la Santé et des Solidarités. 
 
Bien entendu, les négociations statutaires interrompues au prétexte de la période électorale en cours devront reprendre sans délai, pour parler des rémunérations, des conditions d’exercice, et notamment des garanties sur le respect du temps de travail de tous les praticiens hospitaliers.
 
La confiance que vous nous avez témoignée a été bien placée : nous vous le démontrerons encore plus fort, que ça soit au service du collectif, ou des situations individuelles de collègues en difficultés. APH & JM assumeront ces responsabilités avec fierté et détermination.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Marc Bétrémieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
 
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