Communiqués de presse

Plan ou anti plan?

Avenir Hospitalier a pris connaissance avec très grande inquiétude du plan d’économies supplémentaires de 3 milliards dans les hôpitaux.
 
Sans rentrer dans le ridicule des annonces contradictoires entre d’un côté l’argent donné aux établissements qui ont fait des emprunts risqués et douteux, et de l’autre des exercices de style sémantiques auxquels nous ne croyons pas (« évolution maitrisée de l’augmentation des dépenses et non réduction des dépenses »), Avenir Hospitalier rappelle que les hôpitaux sont déjà exsangues,  que les coupes sombres dans les budgets de personnel ont mis toutes les équipes à genoux, et que la demande de soins ne cesse de croître : est la chronique d’une mort annoncée du service public ?
 
Comment allons nous pouvoir répondre aux demandes de soins, si 22000 postes sont supprimés ? Alors que déjà de nombreux établissements fonctionnent dans des conditions indignes, grâce au recours de médecins intérimaires ?
 
Nous sommes d’autant plus inquiets que la future Loi de santé, hasard ou pas des calendriers, contient les ferments via des groupements hospitaliers de territoire d’une réorganisation basée sur une logique médicale transversale, évitant les gabegies de décisions politico managériales locales : comment envisager des réorganisations sereines dans un contexte de tensions sociales encore plus fortes ? Pour nous cette Loi contient via une gouvernance plus équilibrée les ferments de la fin de la Loi HPST et du tout pouvoir au Directeur pour des objectifs financiers, loi qui cumulée à la T2A 100% a écroulé la logique humaniste de l’hôpital, et l’hôpital dans son ensemble. Mais ces annonces de coupes sombres ne vont-elles pas téléscoper toute avancée ?
 
Et nous sommes d’autant plus inquiets que les propositions de la mission LeMenn vont pour nous dans le bon sens, mais ne pourront s’envisager à moyens constants et encore moins en diminution.
 
Nous entendons bien que nos jeunes collègues nous trouvent « passifs », nous aurions aimé les voir actifs avec nous contre HPST. Et plus actifs aux discussions en cours sur l’attractivité des carrières médicales hospitalières, comme si l’hôpital ne les concernait pas ! Nous sommes seuls à ces réunions les garants de la non précarisation de leurs futurs emplois hospitaliers, et seuls à chercher des solutions à l’intérim médical qui a délabré notre exercice dans de nombreux établissements ou spécialités. 
 
Donc Madame la Ministre, rassurez-nous, ou il faudra annoncer aux français que leur santé ne pourra plus être assurée.
 
 

Avenir Hospitalier soutient les internes dans leur mouvement

Avenir Hospitalier soutient le mouvement des internes, engagés pour l’amélioration de leurs conditions de travail et le respect des injonctions de la Communauté Européenne sur le temps de travail.

Comment pourrait-il en être autrement, alors que nous aussi, les « seniors », sommes engagés pour le respect des 48 heures hebdomadaires maximum, pour un repos quotidien après travail de nuit en garde ET en astreintes, pour la prévention et la prise en compte de la pénibilité de notre travail, et pour le respect institutionnel ?

Comment pourrait-il en être autrement, si nous voulons que nos jeunes collègues aient envie de rester travailler à l’hôpital public ?

Est-ce en faisant travailler les jeunes médecins en formation dans des conditions parfois pas loin de l’esclavage que nous leur donnerons envie de travailler avec nous et qu’ils pourront recevoir et assimiler un enseignement de qualité ?
Est-ce acceptable que leurs conditions se dégradent parce qu’on leur demande de compenser le creux démographique que nous seniors vivons actuellement ?

Beaucoup de nos revendications se rejoignent et nous comprenons leur colère, nous qui sommes depuis plus d’un mois en attente de la mise en route de la mission parlementaire destinée à « sauver » l’attractivité de nos carrières médicales hospitalières !

 

 

Evaluer les médecins sur des quantités d'actes? Contre des pratiques managériales inadaptées à l'hôpital public

Avenir Hospitalier a pris connaissance des pratiques managériales en cours dans certains établissements de l’APHP, consistant à « noter » les quantités d’actes produites par chaque médecin, en n’oubliant pas au passage des réflexions qui sont plus que déplacées ou désobligeantes, quel que soit le statut de l’employé ou du salarié.

Connaissant bien au quotidien les difficultés à obtenir des données statistiques d’activité fiables, il semble très hasardeux d’en extrapoler des jugements individuels et d’en tirer des conclusions sur les quantités de travail fournies par un tel ou un autre : ce sont des pratiques managériales indignes qui ne reposent pas sur le respect et la dignité que chaque institution doit à ses acteurs.

Il est normal que chacun puisse témoigner de son travail, de la qualité de celui-ci, des problèmes qu’il peut rencontrer dans sa réalisation, des projets qu’il peut avoir. Nous travaillons dans la transparence, mais devons aussi travailler dans la confiance, et ne pas découvrir des jugements extérieurs aussi bien ridicules que pathétiques, en tout cas indignes du Service Public tel que nous le concevons, avec le management qu’il mérite.

Ces fichiers d’évaluation dont nous espérons qu’ils sont limités à quelques hôpitaux n’ont pas de raison d’être, ne peuvent être que contre productifs, et illégaux.

Avenir Hospitalier prêche pour une réforme managériale au sein des hôpitaux, qui remette l’humain au centre, basée sur respect, confiance, dialogue. Les pratiques de New Public Management ont fait la preuve de leur non adaptation à l’hôpital : il serait judicieux, au vu des problèmes actuels démographiques au sein des hôpitaux, de lancer une « révolution culturelle » : un hôpital pour les patients et pas pour les actes et la rentabilité, avec un management respectueux et adapté à ses acteurs. C’est le défi pour la période à venir, nous sommes nombreux à vouloir le relever. 

Du difficile apprentissage de la démocratie...

Communiqué commun Avenir Hospitalier CPH

Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, les deux plus importantes organisations syndicale de PH, s'étonnent du courrier que les 3 autres intersyndicales (CMH INPH SNAM-HP) viennent de faire parvenir à Mme la Ministre de la Santé par lequel elles annoncent leur retrait du processus de concertation en se plaignant du "camouflet" que constituerait la création d'une instance nationale de représentation des PH pourvue de règles de représentativité. 

Avenir Hospitalier et la Confédération des Hôpitaux expriment leur attachement à un tel progrès qu'elles revendiquent, puisqu'il n’est pas question de l’élimination de l’expression de qui que ce soit, mais bien au contraire d’une réflexion à mener pour des règles de représentativité syndicale respectant les fondements démocratiques de notre société. Le temps des sur-représentations des mandarins est terminé. L’hôpital a besoin d’un fonctionnement démocratique et de règles de dialogue social aux échelons national, régional et local.

Il nous semble hallucinant que des organisations syndicales responsables puissent s’opposer à un tel principe.

Par ailleurs, les discussions en cours avec le ministère sont hautement stratégiques pour l’avenir des carrières médicales hospitalières, et nos deux organisations sont très attachées à leur poursuite. Et bien au contraire, il ne s'agit pas pour nous de freiner mais d'accélérer la mise en place des réformes qui n'ont que trop trainé au vu des enjeux pour l’avenir de l’hôpital.

Nous serons donc présents à ces réunions, prêts à travailler.

 

Restructurations hospitalières: Oui, mais pas n'importe comment!

Dans le contexte de contraintes financières nationales actuelles, la perspective de restructurations hospitalières se précise. Il va falloir du courage, notamment politique local ou régional. Avenir Hospitalier souligne que la ligne directrice  de ces restructurations doit être la qualité des soins apportés à l’ensemble de la population dans sa globalité.

Ceci ne signifie pas un hôpital devant chaque porte, mais l’accès dans des délais raisonnables à un plateau technique complet et dûment pourvu en effectifs  soignants… ce qui pourrait être une des solutions pour ne pas recourir systématiquement à un intérim médical couteux, très mauvaise solution à un vrai problème démographique.

Toute discussion de restructuration doit  commencer par un dialogue social de qualité au sein des hôpitaux concernés et de la région, et associer au plus près les usagers parfaitement conscients des enjeux proximité/ sécurité.

La finalité doit  clairement  être d’améliorer la qualité des soins prodigués,  de veiller à ce que  chaque centime du financement citoyen soit  éthiquement utilisé là où les soins le nécessitent et le justifient. Mais aussi le respect des équipes soignantes, qui subissent de plein fouet les conséquences de choix démographiques anciens et d’une course à l’activité à tout prix. Spirale infernale d’une intensification du travail qui jamais ne pose le problème de la pertinence des actes, ni leur qualité, ni le retentissement sur les organisations et les conditions de travail.

A ces conditions, Avenir Hospitalier  soutiendra les projets médicaux de restructurations sur le territoire.

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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Février 2018

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La souffrance au travail

La souffrance au travail, un phénomène social qui n'épargne pas la Justice

 
Dans son article paru dans la revue de l'Union Syndicale des Magistrats (USM), Pascale Loue-Willaume, chargée de mission, aborde la souffrance au travail dans un contexte général. Puis elle se focailise sur la justice, « Pour nous magistrats, on peut même parler de double paradoxe. Comment concilier notre serment, l’engagement professionnel que nous devons avoir d’impartialité, de loyauté avec des objectifs chiffrés qui ne tiennent généralement aucun compte des moyens et au détriment souvent de la qualité de la motivation de nos décisions »… 

« Et que dire des situations que nous rencontrons dans nos unions régionales : des collègues épuisés, qui ne parviennent plus à prendre leurs congés, qui renoncent à leurs formations obligatoires en raison d’un emploi du temps professionnel qui ne leur laisse aucune marge de manoeuvre quand on ne leur demande pas d’assurer eux-mêmes leur remplacement.»« Comment admettre que nous soyons témoins, voire parfois même victimes, de ce que nous sommes statutairement en charge de poursuivre ou de sanctionner ? »
 
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