Communiqués de presse

L'hôpital public saura t-il mobiliser toutes ses compétences autour de la naissance ? De l'importance du travail en équipe

Les services de gynécologie et d’obstétrique hospitaliers sont marqués depuis plusieurs mois par un mouvement de revendications des sages-femmes hospitalières. Plusieurs séances de discussions portant sur le cadre métier des sages femmes et sur leurs modalités d'exercice au sein des services ont été à ce jour organisées. Les organisations représentatives des praticiens hospitaliers, attachés à la poursuite de l’amélioration de la  prise en charge des femmes enceintes dans tous ses aspects prennent en compte la plénitude des compétences des sages femmes.

Nous faisons cependant le constat de la persistance de  divergences par rapport aux demandes de changements majeurs d’organisation formulées lors de ces discussions. 

Nous tenons à rappeler, que comme toute forme de coopération entre professionnels (qu’elle soit entre personnels médicaux ou entre personnels médicaux et paramédicaux), celle-ci ne peut se faire qu’avec un accord sur  l’objectif et les méthodes  visant à l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins prodigués en toute circonstance.

La marge d'incertitude entre ce qui est conçu comme physiologique et ce qui peut devenir à tout moment pathologique pourrait dans certains contextes perturber la cohérence des prises en charge si les modalités d’exercice des deux professions médicales ne devenaient que  séquentielles au lieu d’être constamment associées. La notion même d’exercice à compétence propre nous parait liée à l’existence de modalités équilibrées, concertées et validées pour l’exercice des compétences partagées.

Considérant qu'une situation ne peut être considérée comme physiologique qu'à posteriori,  devant l'absence de méthode prédictive pour l'ensemble des pathologies, nous considérons que la gestion préventive et curative du risque nécessite une étroite et constante collaboration médecin et sage femme, intégrée  dans un fonctionnement partagé et respectueux, mais non cloisonné, sous l'autorité fonctionnelle des chefs de pôles.

Logiquement nous ne sommes donc pas favorables au terme d'unité physiologique, préférant celui de parcours ou d'espace de prise en charge des grossesses normales, dont l’identification claire serait a la fois un moyen de meilleure valorisation interne du métier de sage femme et de répondre à une demande des femmes concernées. Ce parcours non compliqué doit être organisé en respectant le libre choix d'y être prise en charge aussi facilement par les médecins spécialistes en gynécologie et en obstétrique que par les sages femmes. L’organisation de ce parcours ne peut donc être que l'aboutissement d'un projet d'équipe élaboré en concertation étroite associant aussi les personnels para médicaux. Ces projets, appuyés sur des protocoles de prise en charge, en concordance avec les recommandations professionnelles, devraient  alors facilement obtenir l'aval de la commission médicale d'établissement au sein de laquelle la profession de sage-femme est représentée. Dans ce cas, le Directeur pourrait nommer une sage femme pour assurer la responsabilité de cet espace par périodes renouvelables.

Nous n'avons jamais mis en cause la compétence du métier de sage femme et souhaitons bien au contraire qu’elle soit valorisée par les pouvoirs publics au plan statutaire et matériel. Nous souhaitons conforter les véritables équipes, en clarifiant notamment un positionnement aujourd’hui ambigu vis à vis d'une hiérarchie para médicale souvent illogique.

Pour autant nous ne pouvons pas accepter que cette légitime reconnaissance  soit construite sur une organisation fonctionnelle et administrative qui pourrait paradoxalement avoir pour conséquence d'exclure des médecins spécialistes hospitaliers d'une partie de leur cadre métier,  de déstabiliser le fonctionnement des blocs obstétricaux, ou d’augmenter à terme le risque médico-légal d’exercice pour les deux professions.

Sadek Beloucif - SNAM-HP
Rachel Bocher - INPH
Jean-Claude Penochet - CPH
Norbert Skurnik - CMH

Nicole Smolski –Avenir Hospitalier

MOUVEMENT DES SAGES FEMMES : L’AVIS DES INTERSYNDICALES DE PH

Les Intersyndicales signataires suivent très attentivement le mouvement des sages femmes évoluant depuis 3 mois, et ne comprendraient pas ne pas être associées aux discussions en cours, en tant que leurs partenaires au quotidien auprès des femmes et en salle d’accouchement.

Ce mouvement, qui prend racine dans une démographie pléthorique, témoigne d’un déficit global de reconnaissance : rémunérations en comparaison avec celles des infirmières spécialisées, définition ambiguë de leurs tâches, en raison du « caractère médical à compétence définie » de leur profession, place donnée au sein de la gouvernance hospitalière à leurs cadres, valeurs universitaires de leurs enseignantes.

Ce déficit de reconnaissance doit être entendu rapidement, car ce mouvement génère notamment dans les salles d’accouchement des tensions délétères pour l’ensemble des professions qui les côtoient, et à terme pour les femmes.

Pour autant, nous alertons les pouvoirs publics sur les conséquences de déstructuration des équipes actuellement engagées auprès des femmes, et de l’équilibre actuel centré sur le pluri-professionnel et la complémentarité. Un accouchement dit physiologique devient rapidement à risque, et c’est le rassemblement d’équipes soudées autour de protocoles partagés qui permet de maintenir la sécurité des parturientes.

Nous alertons également l’ensemble des sages femmes et les pouvoirs publics sur l’aventurisme qui consisterait pour  elles à sortir de la Fonction Publique Hospitalière, pour  se diriger vers un statut de praticien hospitalier,  dont nous connaissons bien pour essayer de le sécuriser, les conditions délétères (temps de travail mal réglementé, conditions de retraite dramatiques, soumission croissante à la hiérarchie hospitalière depuis HPST).

Des négociations statutaires et salariales doivent s’engager rapidement pour une filière sages femmes spécifique, avec définition précise de leur métier reconnaissant leurs valeurs au sein d’une équipe pluri disciplinaire, que ce soit pour le dépistage et la prévention organisés, ou le suivi des grossesses ou l’accouchement. Les filières dites physiologiques en cours d’expérimentation  doivent être dûment évaluées avant de décider de leur extension. Le libre choix de la patiente doit être respecté, de même que les recommandations professionnelles.

L’encadrement sages femmes doit avoir sa juste place au sein de la gouvernance hospitalière. L’enseignement doit être identifié et valorisé au sein de l’université avec une filière spécifique en maïeutique, un statut universitaire pour les enseignantes, en veillant à l’articulation et la complémentarité avec l’enseignement des médecins généralistes, gynécologues et  obstétriciens, et pédiatres.

Nous engageons les pouvoirs publics à rapidement régler ce conflit, et à mesurer les lourdes conséquences de décisions qui bouleverseraient l’équilibre bien fragilisé de l’hôpital.

Dr BELOUCIF, SNAM-HP

Dr BOCHER, INPH

Dr PENOCHET, CPH

Dr SKURNIK, CMH

Dr SMOLSKI, AVENIR HOSPITALIER

 

UNE PRISE EN CHARGE GLOBALE MULTIPROFESSIONNELLE SEUL GAGE DE SECURITE POUR LES FEMMES

Les praticiens d’AVENIR HOSPITALIER, tout particulièrement ceux impliqués dans les salles d’accouchement et auprès des femmes (gynécologues obstétriciens, anesthésistes réanimateurs et pédiatres) tiennent à souligner l’important engagement des sages femmes au sein des équipes de périnatalité, au chevet des femmes et des nouveaux nés. 
 
C’est la disponibilité et la coordination de ces différentes professions médicales qui permet d’assurer la sécurité de la naissance. Personne n’a le monopole de cette prise en charge. C’est la coordination de ces métiers et professions spécifiques en terme de formation, (durée et contenu), avec des responsabilités différentes, qui permet de faire face aux situations physiologiques et pathologiques. 
 
AVENIR HOSPITALIER soutient la demande de revalorisation du métier de sage femme (actuellement, salaire moyen 2400 euros par mois), tout en soulignant que les infirmières spécialisées (IBODE et IADE en particulier) ont également validé 5 années d’études leur donnant des compétences spécifiques et indispensables, et ne déméritent pas au quotidien. 
Les PH estiment par contre plus difficile la transposition de leur statut de PH aux sages femmes, ou alors il faudra également leur transposer les mêmes servitudes : les journées de 24 heures, la durée moyenne de travail estimée à 55H minimum, la retraite à 67 ans, et l’entière responsabilité médico-légale. 
AH tient enfin à souligner l’importance du travail concerté en équipes pluridisciplinaires, centré sur la qualité des soins apportés, et ne comprendrait pas que s’engage une réforme de la périnatalité et plus largement de la prise en charge de la santé des femmes sans l’ensemble des spécialistes médicaux qui s’y investissent jour et nuit : ceci exposerait à l’évidence à des dysfonctionnements préjudiciables aux femmes, à la qualité des soins, et à leur sécurité. 
 

Le Syndicat National de Gérontologie Clinique rejoint Avenir Hospitalier

 
Avenir Hospitalier réuni en Assemblée Générale après son colloque annuel a accepté avec fierté la demande d’adhésion du Syndicat National de Gérontologie Clinique.
 
Cet élargissement de l’Intersyndicale à ce nouveau syndicat très puissant en nombre d’adhérent et en représentativité sur les terrains de l’hôpital et du médico-social, va conforter l’organisation de Avenir Hospitalier, l’enrichir sur les problématiques du vieillissement, notamment au niveau du territoire de santé.
 
L’adhésion de ce syndicat à notre Intersyndicale est une preuve de plus de notre force de travail et de conviction, et de notre combativité. C’est aussi la preuve que les valeurs que nous portons de défense sans concession des médecins hospitaliers et du service public qui doit être restauré dans la Loi et avoir les moyens de fonctionner pour une prise en charge optimale de tous les patients, sont des valeurs porteuses pour 2014 .
 
Nous nous réjouissons de notre collaboration à venir, et de les associer à nos travaux, dans un esprit de respect mutuel et de construction collective. 
 
 
 
 

Bilan et évaluation du fonctionnement des pôles (CP commun AH-CPH-CMH-INPH-SNAMHP)

Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé a donc refusé que soient consultées directement les organisations syndicales de praticiens hospitaliers sur le bilan et l’évaluation du fonctionnement des pôles dans les établissements publics de santé, dans le cadre du suivi du rapport Couty. Un sujet qui pourtant concerne au premier chef les praticiens de terrain.

lire le communiqué commun aux  intersyndicales de PH

 

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
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La souffrance au travail, un phénomène social qui n'épargne pas la Justice

 
Dans son article paru dans la revue de l'Union Syndicale des Magistrats (USM), Pascale Loue-Willaume, chargée de mission, aborde la souffrance au travail dans un contexte général. Puis elle se focailise sur la justice, « Pour nous magistrats, on peut même parler de double paradoxe. Comment concilier notre serment, l’engagement professionnel que nous devons avoir d’impartialité, de loyauté avec des objectifs chiffrés qui ne tiennent généralement aucun compte des moyens et au détriment souvent de la qualité de la motivation de nos décisions »… 

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